mardi 22 septembre 2020

Nos mesures sanitaires

vendredi 31 janvier 2020

Reportage de TV78 – La prévention contre le harcèlement dans les Yvelines, avec Entrées de jeu

Au début de ce mois de janvier, nous sommes allés jouer notre débat théâtral Trop c’est trop pour plusieurs collèges des Yvelines.

Nos représentations intervenaient au sein d’une action de prévention mise en place par l’Académie de Versailles visant à limiter les violences en milieu scolaire. TV78 a fait un reportage sur le sujet, découvrez le ci-dessous.

https://www.tv78.com/yvelines-communes-sengagent-prevention-contre-harcelement-scolaire/

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mercredi 16 octobre 2019

Un public ravi à Port-en-Bessin

La commune de Port-en-Bessin-Huppain, dans le Calvados (14), a reçu la visite de la Compagnie le 2 octobre dernier pour une représentation de notre débat théâtral Point(s) d’appui sur l’aide aux aidants de personnes âgées dépendantes.
Le CLIC du Bessin y avait réuni un public composé de personnes âgées, d’aidants familiaux et de divers professionnels avec qui nos comédiens ont pu mettre en lumière les problématiques rencontrées par les aidants et lancer le débat sur les manières d’y faire face.

Les professionnels venus participer nous ont communiqué leur engouement pour cette séance :

« Lors du repas, les comédiens nous ont dit qu’ils faisaient ce genre de théâtre par choix. Leur jeu, leur implication dans le sujet et leur contact avec le public nous l’a montré. »
Assistante sociale

« Le public nombreux a adhéré et participé. Quel plaisir ! »
Assistante sociale

« En déjeunant, avec les artistes, j’ai tout de suite compris que cette compagnie était en parfaite adéquation avec le sens de nos actions. Preuves à l’appui : quelles surprises quand j’ai vu les participations spontanées des aidants, du public, et pourtant ce n’est pas facile… Quels professionnels Artistes ! Ils maîtrisent les sujets ! un grand bravo ! »
Coordinatrice

« C’était une belle prestation ! Les saynètes étaient à l’image de ce que l’aidant et l’aidé peuvent vivre au quotidien. Belle participation de la salle : les gens osent se dévoiler un peu. Les résumés « image » des acteurs étaient vraiment bien improvisés. C’est toujours trop court on aurait envie de plus ! »
Neuropsychologue

« Un spectateur a dit combien il avait apprécié la journée. Il a trouvé cela utile et intéressant et souhaiterait qu’il y ait des journées comme celle-ci plus souvent (1 par mois selon lui !). »
Psychologue

« Un ancien aidant a témoigné en aparté à la fin du fait que, 2 ans après le décès de son proche, il était toujours muré dans le silence de ce qu’a pu être pour lui son expérience d’aidant (souffrance). Et le débat théâtral semble avoir ouvert une porte chez lui ! Rien que pour ça, c’est une réussite ! »
Psychologue

« Bonne humeur. Le choix de ce mode d’intervention et de cette troupe était excellent. Échanges riches, émouvants et gais. »
Coordinatrice

« La troupe de théâtre est d’une qualité remarquable tant dans ses prestations que son humanité, sa bienveillance et son authenticité. Un grand merci aux comédiens. Les proches aidants étaient entendus, respectés, portés et tellement participatifs ! Tout en confiance et riche en échanges ! »
Assistante sociale

« Cette troupe théâtrale était, pour moi, une découverte d’action collective auprès des proches aidants. Les applaudissements sont la preuve de sa justesse. Ce feed-back est bien le signe d’un partage et une reconnaissance. Les acteurs ont montré leur professionnalisme. J’ai adoré l’utilisation volontaire et précise d’une communication non verbale si utile dans mon travail auprès de personnes présentant des maladies neurodégénératives. Quel écho ! »
Ergothérapeute

« La troupe maîtrise son sujet et son outil ! Un sujet difficile, traité avec humour et bienveillance ! Cela donne envie de les faire revenir sur d’autres thématiques ! »
Psychologue

« De belles personnes bienveillantes qui proposent de nous embarquer dans des sujets graves avec beaucoup d’humour, sans grand discours ou mots compliqués. Ils parlent à l’oreille des aidants qui nous font partager leur expérience, et qui manifestement ont beaucoup à nous apprendre. L’humain au service de l’humain sans fioriture. »
Assistante sociale

« J’ai trouvé les aidants très impliqués. C’est la première fois que je les vois autant « acteurs ». J’ai senti que le format leur convenait, qu’ils étaient en confiance et que leur parole était libre. Ceci résulte peut-être des qualités de la compagnie, mais je crois aussi que nous récoltons le fruit de nos années d’actions. J’ai ressenti qu’il y avait du lien entre certains aidants et que cela leur permettait de « se lancer » pour s’exprimer. »
Médecin

Calvados 2:10:19
Crédit : CLIC du Bessin

lundi 27 mai 2019

AUDITIONS JEUNES COMÉDIENS MASCULINS

La Compagnie de théâtre Entrées de jeu, forte de ses trente ans d’expérience, recherche de jeunes comédiens de sexe masculin, 18 à 25 ans maximum (âge réel) pour jouer des personnages d’adolescents (collège ou lycée) dans des spectacles interactifs de débats théâtraux ou théâtre forum.

Issu du théâtre forum, le débat théâtral est une forme de théâtre interactive qui offre au public présent la possibilité d’échanger des points de vue et des expériences sur des sujets problématiques et d’expérimenter par le jeu des comportements différents.
Spectacles sur des sujets d’actualité, de santé publique ou des problématiques sociales.

CAPACITÉS RECHERCHÉES :

  • Intérêt pour les problématiques sociales
  • Altérité, écoute et générosité
  • Sens  du jeu, goût pour l’improvisation et capacité d’argumentation
  • Formation à l’animation appréciée (ex. : BAFA)
  • Permis de conduire bienvenu
  • Ne pas redouter les publics dits « difficiles » et des conditions qui ne sont pas celles des salles de théâtre
  • Ne pas être rebuté par les départs très matinaux

Pour postuler, merci de communiquer avant le 11 juin à l’administratrice, Manuelle Finon, votre cv avec photo, date de naissance IMPÉRATIVE et une lettre de motivation pour le théâtre-forum par mail à contact@entreesdejeu.com.

Stage d’audition les 20 et 21 juin 2019 à Paris ou proche banlieue
– Présence obligatoire sur les deux jours –

 

Sur le travail de la compagnie, vous pouvez aussi consulter l’ouvrage de Bernard Grosjean, Directeur d’Entrées de jeu : Du théâtre interactif pour déjouer le réel (Edition Lansman).

OLYMPUS DIGITAL CAMERACrédit : Marie Charbonnier

lundi 6 mai 2019

Le cancer mis en pièce – Publication du Bimsa du 22/10/18

Le cancer mis en pièce

Posté le 22 octobre 2018

Journée prévention cancers 2018-65Saucisses, mayonnaise, chips, charcuteries… Les comédiens de la Compagnie Entrées de Jeu ne lésinent pas sur les moyens dans cette scène pour démontrer les risques d’une alimentation trop riche et mal équilibrée.
© Alain Lantreibecq/MSA Marne Ardennes Meuse

Le théâtre, pour aborder la maladie. À la Foire de Châlons-en-Champagne, en septembre, médecins, comédiens et seniors ont échangé sur le dépistage, les bonnes habitudes, les examens. Une nouvelle façon d’aborder le sujet… sans peur et sans reproche !

Dans la salle Palme d’or à Châlons-en-Champagne, environ 140 têtes plus ou moins blanches s’entendent dire : « Soyez fiers d’être vieux, c’est une chance pour l’humanité. » Celui qui sait si bien parler aux sexa–septa-octogénaires depuis la scène, c’est le Dr Éric Kariger, spécialiste en gériatrie. En cette journée sur la prévention de certains cancers organisée par le conseil départemental et ses partenaires, dont la MSA Marne Ardennes Meuse, il est le Monsieur Loyal. Plus qu’une pièce, « Pas d’épée pour Damoclès » est un débat théâtral à destination des seniors. À 11 heures, les trois coups résonnent. Le rideau s’ouvre sur les comédiens de la compagnie Entrées de jeu.

Acte I, scène 1. Ils présentent cinq histoires, des situations du quotidien qui illustrent les idées préconçues sur le dépistage, la prévention et les moyens de se protéger. Repas à base de saucisses, de mayonnaise et autres grasses joyeusetés, un homme dans la force de l’âge qui ne voit pas l’intérêt de consulter « parce que tout va bien », une femme célibataire qui ne parvient pas à lâcher prise, le sportif du dimanche qui confond intensité et régularité ou une grand-mère pratiquant la politique de l’autruche concernant la mammographie car « moi, je n’ai pas envie de savoir, je n’ai pas envie de vivre avec une épée de Damoclès au dessus de la tête ». La touche d’humour n’efface pas les problématiques des témoignages recueillis auprès de seniors et de professionnels de santé. À la fin de la -représentation, après les applaudissements, un léger brouhaha envahit la salle. Ça discute, ça rit — jaune lorsque le voisin ou la voisine ponctue son coup de coude d’un « Toi, tu es dans la première situation ! ». Magali, la meneuse de jeu de ce débat théâtral interactif, annonce alors que les comédiens vont rejouer les situations, et cette fois-ci, le public va faire des propositions pour corriger ou résoudre le problème. Les idées fusent. Mais quand elle explique que, pour chacune des cinq situations, une des personnes ayant fait une proposition va monter sur scène pour la tester, beaucoup de têtes s’inclinent vers le sol. Il y a bien ici et là de nouveaux petits coups de coude accompagnés d’un « Allez, échange ! », mais l’appréhension d’avoir à se produire en public envahit la salle.

Acte I, scène 2. Histoire de faire retomber cette gentille panique, Magali questionne la salle afin de savoir quel comportement l’a fait le plus réagir. Chaque situation semble l’avoir interpellée parce que « ça peut être vécu tous les jours », mais c’est la première scène qui remporte le plus de suffrages. Si pour quelques individus « un repas sans viande n’est pas un repas », la majorité trouve que le dîner préparé par le personnage est trop copieux et trop riche. « De toute façon, on mange trop ! », « il ne faut jamais manger autant le soir. On dort mieux quand on mange moins », « ce n’est pas bon de manger de la viande midi et soir ! »… Sur le ton de la boutade, un monsieur lance : « Il faudrait qu’elle fasse une bonne crise cardiaque ! » Rires. Lorsque Magali, canalisant les débats avec une douce fermeté, demande à ce monsieur de monter sur scène, celui-ci n’hésite pas. Il endosse le costume de l’invité qui tente de raisonner son hôtesse en lui suggérant de diminuer les quantités, d’inclure plus de légumes et moins de produits gras. De manière fictionnelle, cet homme vient d’éviter à cette femme, à sa famille et à ses amis, des problèmes de santé comme le prouve la nouvelle conclusion improvisée par les comédiens. Le sauveur redescend de l’estrade sous les applaudissements.

Journée prévention cancers 2018-79Sel, viandes, charcuteries et alcool, concernant ces aliments, les prescriptions de madame Leclerc, diététicienne, sont claires : la modération.
© Alain Lantreibecq/MSA Marne Ardenne Meuse

Entracte

Acte II, scène 1. Changement de décor. Les accessoires ont fait place au vidéoprojecteur, les comédiens à des spécialistes : Madame Leclerc, diététicienne, le Dr Costa, oncologue, et le Dr Abdelli, gastroentérologue. Il n’y aura pas d’intervention du public. Chacun des spécialistes (nutrition, activité physique, dépistage) aborde son sujet avec des chiffres, des éléments clés, des diagrammes. Pour la nutrition, les prescriptions sont claires : sel, viandes, charcuteries et alcool, sans être proscrits, doivent être consommés avec modération pour éviter une augmentation des risques de cancer colorectal (viandes et charcuteries), de cancer de l’estomac (sel et aliments salés), de cancer des voies aérodigestives supérieures, de l’oesophage, du foie, du sein, du colon ou du rectum (alcool). « Ça devient compliqué de manger », lance-t-on dans la salle. « En effet, rétorque Madame Leclerc, les habitudes alimentaires sont difficiles à changer, il est important de s’adapter à chaque personne, à chaque âge. Le message n’étant pas de se priver mais de varier son alimentation. »

Acte II, scène 2. Place au Dr Costa, oncologue à l’ Institut de cancérologie Jean-Godinot. Sa « tirade » est claire : plus on est sédentaire, plus le risque de cancer du côlon et de cancer de l’endomètre augmente. Pour autant, « l’activité physique, ce n’est pas seulement le sport. Faire de l’activité physique, c’est bouger ! » Faire le ménage, jardiner, monter les escaliers ou bricoler sont autant de bonnes habitudes pour ne pas favoriser les risques de cancer. Mais « c’est comme les passages cloutés, ça protège mais ça ne garantit pas de ne pas se faire écraser », insiste le spécialiste. Le dernier personnage de la pièce, le Dr Abdelli, gastroentérologue au centre hospitalier de Châlons-en-Champagne, sensibilisera l’assemblée aux risques de cancer colorectal. Pas évident d’aborder la coloscopie ou les selles… Pointant avec son stylo laser les images des différents stades d’une tumeur, il insiste sur la nécessité du dépistage mais surtout sur la vision erronée de l’examen. Avant que le rideau ne se ferme, le Dr Kariger conclut : « On vieillit comme on a vécu. »

Fin de la représentation.

 

Frédéric Fromentin

Le cancer mis en pièce | le bimsa http://www.lebimsa.fr/le-cancer-mis-en-piece/

jeudi 28 juin 2018

Les jardins secrets, un débat théâtral sur l’intimité des personnes âgées en EHPAD

Article midi libre intimité ehpad

mercredi 30 mai 2018

Audition jeunes comédiens début juillet

Nous recherchons des jeunes comédiens de sexe masculin,18 à 25 ans maximum pour jouer des personnages d’adolescents (de collège ou lycée) dans des spectacles interactifs de débats théâtraux ou théâtre forum.

Issu du théâtre forum, le débat théâtral est une forme de théâtre interactive qui offre au public présent la possibilité d’échanger des points de vue et des expériences sur des sujets problématiques et d’expérimenter par le jeu des comportements différents.
Spectacles sur des sujets d’actualité, de santé publique ou des problématiques sociales.

CAPACITÉS RECHERCHÉES :

– Intérêt pour les problématiques sociales
– Altérité, écoute et générosité
– Sens de l’improvisation et de l’argumentation
– Goût pour l’animation
– Permis de conduire bienvenu
– Ne pas redouter les publics dits « difficiles » et des conditions qui ne sont pas celles des salles de théâtre (même si on y joue parfois) mais dans la majorité des cas on investit les cantines, les salles de permanence avec des dispositifs légers.
– Et ne pas être rebuté par les départs très matinaux car nous jouons la plupart du temps en journée et dès le matin.

L’engagement dans la compagnie représente aussi une solide opportunité de formation.

Pour postuler, merci de communiquer avant le 22 juin à l’administratrice, Manuelle Finon, votre cv avec photo, date de naissance et une lettre de motivation pour le théâtre-forum par mail à contact@entreesjeu.com.

Stage d’audition du 3 au 5 juillet 2018 à Paris (présence obligatoire sur les trois jours).

Pour découvrir plus précisément notre activité : www.entreesdejeu.com

Sur le travail de la compagnie, vous pouvez aussi consulter l’ouvrage de Bernard Grosjean, Directeur d’Entrées de jeu : Du théâtre interactif pour déjouer le réel (Edition Lansman).

jeudi 6 juillet 2017

LA VIE DU BON CÔTÉ, MALGRÉ TOUT sur le quotidien des personnes en situation de handicap

Acte 1, scène 1 : le handicap

Article du BIMSA – posté le 14 juin 2017 – de Eve Duaussoy

Carton plein à Péronne, pour la pièce sur le handicap concoctée par la compagnie Entrées de jeu.

À la demande de la MSA Picardie, la compagnie Entrées de jeu a créé un débat théâtral sur le quotidien des personnes en situation de handicap. « La vie du bon côté, malgré tout » cherche à dénouer des situations en cultivant l’optimisme. Retour sur la première, qui s’est déroulée le 5 mai à Péronne, dans la Somme.

« On nous évite. » « On ne nous invite pas. » « On nous fait comprendre qu’on est payé à ne rien faire. » Les plaintes retentissent dans l’espace Mac Orlan de Péronne. Ce 5 mai, la première du débat théâtral sur le handicap, « La vie du bon côté, malgré tout », ne laisse pas indifférent.

Les comédiens enchaînent pendant une trentaine de minutes des situations tristement banales qui font le quotidien des personnes en situation de handicap. Les saynètes sont ensuite jouées une seconde fois mais les spectateurs peuvent à tout moment interrompre le jeu pour proposer une alternative à la scène.

Entrée dans le réel

Pour mettre au point ce spectacle, la compagnie Entrées de jeu s’est imprégnée du réel. En janvier, Bernard Grosjean, directeur de la troupe, a recueilli le témoignage d’une dizaine de personnes en situation de handicap en Picardie. Ils ont fait émerger les difficultés récurrentes liées à leur situation comme affronter le regard des autres, la solitude, les problèmes d’accessibilité, la lourdeur des démarches administratives, etc.

© Eve Dusaussoy

En l’espace d’une heure, les comédiens Florian, Macha, David et Maria se saisissent d’un maximum de sujets avec un crédo : dédramatiser les situations du réel en les mettant à distance, expérimenter des manières d’y faire face et débloquer la parole du public sur des sujets difficiles.

Grand silence

La pièce s’ouvre sur le fossé qui sépare les personnes en situation de handicap des valides. « On nous regarde comme des pestiférés », « des monstres », « on nous dévisage », balancent les comédiens au public péronnais. « Tiens, par exemple, raconte David, on ne peut pas aller dans un bistro prendre un café tranquillement. Quand on franchit la porte, tout à coup, c’est le grand silence. » Un silence qui en dit long.

Macha raconte que sa copine Angélique ne sort plus. Elle refuse d’affronter le regard des autres sur elle. Comme beaucoup de personne en situation de handicap, la jeune femme tombe fatalement dans l’isolement social : « Le monde se rétrécit autour de moi… »

Plusieurs spectateurs se jettent à l’eau pour proposer leur version des saynètes. À l’image de Mathieu, qui prend la peau d’une personne handicapée au restaurant. À la table voisine, un enfant le dévisage tout en questionnant sa mère : « pourquoi il est comme ça le monsieur ? » La mère, gênée, lui ordonne de se taire illico. Mathieu choisit alors d’engager lui-même la conversation avec le petit curieux, qui repart plus satisfait que choqué d’avoir pu échanger avec « le monsieur tout seul».

Une autre scène souligne le malaise qui peut s’installer en milieu professionnel lorsqu’un collègue en situation de handicap est embauché. « Je n’ose pas lui parler, j’ai trop peur de faire une gaffe », avoue Florian. L’occasion pour Mathieu de confier à la salle son truc pour détendre l’atmosphère : l’humour. « Ça permet d’expliquer le handicap avec le sourire et surtout de dédramatiser. »

© Eve Dusaussoy

Malaise

Autre point noir mis en évidence par la pièce : les problèmes d’accessibilité. Si la loi « handicap » de 2005 a permis quelques avancées ‒ les établissements recevant du public et les transports collectifs doivent être accessibles à tous ‒ la situation est loin d’être parfaite. Dans les établissements qui se sont dotés d’un ascenseur flambant neuf, « le fauteuil rentre parfaitement, certes, ironise Macha, mais pas de place pour l’accompagnateur ! » Et dans les bus, « où loge un fauteuil quand il y a déjà deux poussettes dans la zone réservée ? »

Les saynètes réveillent des souvenirs chez beaucoup de spectateurs comme Stéphanie, qui n’a pas osé s’exposer sur scène mais qui réagit : « toutes ces situations, moi et des personnes de mon entourage les avons vécues. Par exemple, la difficulté pour trouver un logement : quand on dit aux propriétaires qu’on est en CAT, ils refusent automatiquement notre dossier. »

Pour Guy Chevalier, élu à la MSA, cette pièce met le doigt sur une réalité : le malaise des gens face au handicap. « La pièce montre  ̶  en un peu exagéré bien sûr, mais c’est le principe du théâtre  ̶  qu’il suffit de rester naturel et de considérer l’autre comme son égal, sans condescendance. Un sourire, une parole ou une poignée de main, ça demande peu d’efforts mais ça change tout. Nous devons adopter une attitude normale et positive pour pouvoir échanger avec des personnes pleines de richesses. Chacune a un parcours différents. C’est toujours riche en enseignements. »

« Action ! »

La MSA de Picardie organise des actions sur le handicap depuis deux ans : voyage en Belgique, sortie aux jardins botaniques et paysagers de Valloires ou à des spectacles… « Là, on avait envie d’aller un peu plus loin et de les impliquer eux-mêmes, déclare Justie Caron, travailleuse sociale à la MSA de Picardie.

© Eve Dusaussoy

« Ce qui est intéressant, c’est que ce spectacle est ouvert à tout public. Il s’adresse aussi aux personnes valides. On leur donne des clefs pour adopter le bon comportement et porter un regard juste sur les personnes en situation de handicap », précise son collègue, Patrick Coevoet. Le service d’action sociale de la MSA de Picardie voit cette action comme le point de départ d’une dynamique sur le territoire.

L’objectif est en effet de mobiliser les partenaires du secteur et de questionner le public sur de possibles actions futures. Depuis janvier, les conseillers sociaux travaillent main dans la main avec la compagnie Entrées de jeu et une quinzaine de partenaires – centres sociaux, centres communaux d’action sociale (CCAS), association de parents d’enfants inadaptés (APEI), association départementale pour la sauvegarde de l’enfant à l’adulte (Adsea), conseil départemental, Esat, foyers de vie, institut médicaux-éducatif (IME), services d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés, élus de la MSA… – pour mettre au point ce débat théâtral.

Cette première à Péronne est une réussite. Une centaine de personne se sont déplacées pour l’occasion et les participants ne se font pas prier pour prendre part au débat sur la scène. Un succès de bon augure pour la deuxième représentation programmée en novembre dans le Saint-Quentinois.

Eve Dusaussoy

jeudi 6 avril 2017

À TOUT BOUT DE CHAMP : les apprentis agricoles en plein champ scénique

« De la traite, du béton, de la traite, du béton, moi je veux bien mais ce n’est pas pour ça que je me forme moi. Le béton, c’est pas la production végétale !
En plus je passe mes journées tout seul ou avec Marcel sur le dos, je suis tout le temps sous pression et il n’y jamais personne pour me dire bonjour ou  merci ! »

La MSA Picardie nous a passé commande d’un débat théâtral sur les problèmes rencontrés par les lycéens agricoles lors de leurs stages d’apprentissage, que nous avons intitulé À tout bout de champ  et qui a été joué fin 2016 au Lycée agricole du Paraclet de Cottenchy (60) devant une centaine d’élèves.

Le spectacle – comme le stage – commencent par un malentendu entre le père de Maxime et un collègue exploitant agricole qui accepte de prendre Maxime en stage pour faire plaisir au père et qui ne prête alors guère d’attention à la convention d’apprentissage. Maxime va donc commencer son stage dans de mauvaises conditions avec des tâches pour le moins floues.

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Dès son arrivée sur l’exploitation, Maxime va devoir non seulement faire face à de multiples missions sans consignes précises – ce qui va l’amener à commettre des erreurs –  mais il va devoir en plus affronter la mauvaise humeur du salarié agricole qui n’a pas été prévenu de l’arrivée de cet apprenti dont il apprend qu’il est le tuteur… On demande à Maxime d’être opérationnel sur le champ, oui, mais à quelles conditions ?

Tout à son désir de bien effectuer son travail, Maxime ne compte pas ses heures, jusqu’au moment où l’exploitant agricole lui demande de venir travailler un dimanche. Et Maxime une fois de plus ne sait pas refuser ou du moins faire entendre ses raisons.

Maxime va se retrouver une autre fois en difficulté quand il va oser demander la rémunération de son apprentissage qui tarde à arriver. Il n’ose en effet pas insister quand son patron lui parle de ses difficultés financières. Maxime attendra donc en faisant le dos rond.

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A ce régime, Maxime finit par faire éclater sa colère un soir de grande fatigue devant son père. Mais celui-ci, loin de l’écouter, clôt le débat en conseillant à son fils de faire profil bas car, n’est-ce pas, les places sont chères.

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Comment dans ces conditions, faire respecter au moins a minima, et sa place et son statut ? C’est la question que nous avons donc posée aux participants.

lundi 27 mars 2017

STOOOP ! au harcèlement à l’école primaire

Dans le droit fil des deux spectacles Le goal s’appelle Julie sur les clichés fille / garçon et D’égal à égal sur les valeurs de la République, la Fédération de Paris Ligue de l’Enseignement nous a commandé un nouveau débat théâtral sur le harcèlement à l’école primaire que nous avons intitulé STOOOP !

Durant le mois de mars, une dizaine de représentations ont eu lieu dans différents centres d’animation du 19ème et 20ème arrondissement pour des classes de CE2, CM1 et CM2.

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Très impressionnant de voir la formidable concentration des spectateurs devant les cinq scènes que nous jouons à l’aide des figurines créées par Sophie Tandel, notre scénographe-décoratrice, qui incarnent une classe entière.
Il faut dire que les cinq situations que nous relatons semblent très en phase avec les préoccupations des élèves.

Dans la première scène, Lilou doit annoncer à son père qu’elle n’a plus son équerre et son compas dans son  sac. Mais  elle  n’ose  pas avouer  que  c’est  son « ami » Lenny qui les lui a pris comme bien d’autres choses encore.

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Dans la deuxième scène, Jackson, qui est rejeté par les autres élèves de la classe à cause de son statut social et de son habillement,  se venge sur un plus faible que lui, pour « être comme les autres ». Melha tente de lui expliquer qu’il y aurait certainement d’autres moyens de s’intégrer.

Dans la scène suivante, Leyla se plaint à son ami Romain d’être harcelée par les autres parce qu’elle est bonne élève. Celui-ci tente de la persuader d’en parler aux adultes. Mais elle n’en fait rien car elle a peur des représailles.

Dans la quatrième scène, Aïda est traitée de tous les noms par d’autres élèves qui se moquent de son physique et elle ne comprend pas pourquoi son meilleur ami Tom ne se désolidarise pas de ce groupe. Il lui dit sa crainte d’en être exclu et moqué à son tour.

La dernière scène se passe lors d’un départ en classe de neige. Dans le bus, Aline prend des photos du groupe avec son tout nouveau téléphone et elle en profite pour prendre une photo d’Alphonse en train de dormir. Elle veut la mettre sur les réseaux sociaux pour la transmettre à toute l’école. Alphonse tente de  l’en dissuader, mais sans succès.

Dans la salle et sur scène, le débat est d’une grande qualité et les interventions tant scéniques que verbales étonnent par leur remarquable maturité et leur grande sagesse.

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Le spectacle est suivi de deux autres interventions organisées par la Fédération de Paris de La ligue de l’enseignement qui permettent aux élèves d’approfondir le sujet et d’écrire une charte de bonne conduite pour éviter le harcèlement.