lundi 30 mars 2015

BIEN DANS MES BOTTES sur la communication au sein d’une exploitation agricole

De la parole aux actes
– le bimsa – http://www.lebimsa.fr –
Jérémy Lemière                                                                                          

La compagnie « Entrées de jeu » est remontée sur les planches pour la MSA Marne Ardennes Meuse avec un nouveau spectacle : Bien dans mes bottes. Un théâtre-débat racontant les difficultés de communication que rencontrent Françoise et Félix, un couple d’agriculteurs, avec leur entourage. En scène !
Il reste 45 minutes avant les trois coups annonçant le début du spectacle et les premiers spectateurs attendent au chaud, dans leurs voitures stationnées devant la salle Robert Chaboudé, à Courtisols. Collés à leur chauffage, ils luttent contre le froid marnais et guettent le moment opportun pour quitter la campagne blanche et rejoindre le théâtre d’une pièce haute en couleurs.  Dans le vestibule, on retrouve les collègues, les amis : « Et, toi ça va mieux en ce moment ? », et on s’enthousiasme sur le contenu du spectacle : « Je trouve ça bien d’organiser une pièce de théâtre le vendredi soir : ça nous permet de sortir un peu de notre routine avant le week-end. »
Une euphorie partagée par beaucoup d’agriculteurs de la région puisqu’à quelques minutes de la représentation, les organisateurs se dépêchent d’ajouter une trentaine de chaises et de pousser les murs pour accueillir tout le monde. « Près de 200 personnes sont présentes ce soir, indique Christelle Halipré, conseillère en prévention de la MSA Marne Ardennes Meuse et pilote de la manifestation. Même si nous attendions une bonne fréquentation, on est quand même étonné. »
Du côté des artistes, on apprécie la mobilisation des agriculteurs, mais on redoute aussi la réticence que pourraient avoir les spectateurs à monter sur scène devant un auditoire si dense. « Je vais devoir faire preuve de persuasion », pense déjà la maître du jeu, Camille, pourtant expérimentée.
Moins habitué à la scène, Philippe Decorne, président du Groupement d’étude et de développement agricole (Geda) de Suippes, et fraîchement élu MSA, n’hésite pas à fouler les planches pour introduire le spectacle avec, tout de même, une « certaine appréhension », confiera-t-il plus tard. Mais l’agriculteur trouve les mots justes et termine son intervention par une citation de circonstance de Jean-Luc Lagardère : « La communication est une science difficile. Ce n’est pas une science exacte. Ça s’apprend et ça se cultive. » Place aux acteurs !
Que le spectacle commence !
La compagnie « Entrées de jeu » fonctionne sur un système simple : une dizaine de scènes sont jouées une première fois et, dans un second temps, les spectateurs sont invités à rejoindre les acteurs pour changer le cours de l’histoire par la  maître du jeu. Pendant que Camille énonce ces règles du jeu, un murmure parcourt l’assemblée. Familiarisée à ce genre de réaction, l’artiste rassure le public : « Nous ne vous obligerons pas à venir jouer avec nous. Mais nous vous inciterons fortement. » Un trait d’humour qui donne le sourire à l’auditoire et permet d’enchaîner avec les premières saynètes de la soirée : critique des agriculteurs, problème de dialogue avec la famille proche, avec ses salariés, les situations diffèrent mais conservent un même fil conducteur : les difficultés de communication auxquelles le spectateur-agriculteur peut être confronté.
La pièce est alors jalonnée de phrases que chacun a entendu au moins une fois autour de lui : « Quand on vous voit sur vos tracteurs flambant neufs, on voit qu’il y en a qui ne connaissent pas la crise », « Tu ne peux pas prendre un salarié ? », « De mon temps, on travaillait plus que ça ». « Est-ce que ce genre de situation pourrait se passer dans la vraie vie ? », se risque Camille.
Le public sourit et répond, unanime, par l’affirmative. « Ça arrive même souvent », s’amuse un agriculteur. Dans la pièce, Félix subit ces remarques sans jamais faire entendre son point de vue. Un manque de communication qui entraîne des tensions et des incompréhensions avec son entourage. Et c’est au public de trouver des solutions.
Acteur d’un soir
Une dizaine de scènes plus tard, voici le moment redouté par les spectateurs. Qui sera acteur ? Les rires se font moins francs dans le public, certains cherchent un point au loin à accrocher pour éviter tout contact visuel avec le maître du jeu : « Allez, je sais que ce n’est pas facile de passer en premier sur la scène, concède Camille, mais je vous promets que nous n’avons jamais maltraité de personnes. » Sans trop élever la voix, certaines personnes osent proposer des solutions à la situation de la première scène où les clients d’une boulangerie blâment les agriculteurs face au prix de la baguette dû à l’augmentation du tarif du blé : « Il faut leur expliquer que le prix du blé a baissé ces derniers temps », lance-t-on à gauche. « Le blé ne compte que peu dans la composition du pain », affirme-t-on à droite.


Finalement, c’est Jean-François qui prend la place d’un Félix muet face aux critiques, dans la file d’attente du commerce imaginaire pour défendre ses confrères agriculteurs. Une montée des marches sous des salves d’applaudissements saluant l’audace de l’homme. Les autres scènes sont ensuite reprises et malgré un public toujours difficile à faire monter sur scène, chaque situation trouve une solution grâce à l’implication de quelques courageux.
Pour la dernière saynète, Camille tente un coup : « Nous allons avoir besoin de trois personnes sur la scène. » Après moult discussions, les planches se garnissent d’un agriculteur accompagné d’un ami et d’un élu face à deux contrôleurs de la PAC. Et voilà, le bouquet final qui mêle quiproquos et situations hilarantes pour le plus grand plaisir des spectateurs.
À 23 heures, le président de la MSA Marne Ardennes Meuse, Philippe Mennesson, fait le point sur le déroulement de la soirée. En tant agriculteur, lui aussi « connaît toutes ces situations rencontrées. Ce qui m’a frappé, c’est que l’on ne trouve pas forcément de solutions. J’en conclus tout simplement que la communication, et bien c’est quelque chose de difficile ».
Pour la santé-sécurité au travail et l’action sociale de la MSA Marne Ardennes Meuse, cette soirée sert de point de départ pour aider les agriculteurs autour de la communication et de la médiation avec leur entourage. Si tout reste à faire, les questionnaires distribués en début de représentation et récupérés en fin de soirée permettra au service de connaître les besoins et les attentes des agriculteurs. « Nous aimerions mettre en place des ateliers de groupes sur le sujet, projette Christelle Halipré, et d’autres actions de sensibilisation. »
Reste une inconnue, la participation des agriculteurs qui apprécient recevoir des conseils mais qui rechignent parfois à parler de leurs soucis, comme le confirme Philippe Decorne : « Dans la Marne, il existe déjà des groupements féminins d’agricultrices qui travaillent sur les problèmes de communication. Les hommes ont plus de difficultés à évoquer le sujet et c’est dommage car les solutions se trouvent en groupe ». Pour valider ces dires, il suffit de tendre l’oreille à la fin du spectacle, où ceux qui n’ont pas osé monter sur scène poursuivent le débat : « Ah, le contrôle de la PAC, j’ai connu et il faut faire attention avec eux », « Quand les gens me font remarquer mon tracteur tout neuf, je leur dis qu’il faut avancer avec son temps. On ne va pas continuer à travailler avec des chevaux comme le faisaient nos grands-parents ». Et si cette soirée avait déjà fait son effet sur les spectateurs ? Réponse dans les prochains mois.
le 11 mars 2015

jeudi 26 mars 2015

DROGBOX, LA BOITE À DIALOGUE, pour les parents de l’APEL Nationale

Nous avons eu la chance, le vendredi 13 mars, de jouer devant un public important, très attentif et très réactif. Et pourtant le sujet était sensible.
Ce soir-là, les parents d’élèves de l’APEL (Association des Parents de l’Enseignement Libre) ont accueilli la deuxième représentation de notre débat théâtral “Drogbox, la boite à dialogue“, spectacle de théâtre forum qui ne se contente pas de faire interagir le public sur la thématique de l’usage de drogues des adolescents, mais propose aussi un certain nombre d’informations et de repères pour permettre aux adultes le recul nécessaire à l’amorce d’un dialogue entre générations. 
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Ce spectacle a été construit en partenariat avec l’association Drogbox.fr qui administre le site du même nom, site d’information et de réflexion créé par Thibault de Vivies, animateur depuis une douzaine d’année du débat “Abus d’excès“ réservé aux lycéens, et désormais animateur du débat réservé à leurs parents. Nous pensons qu’il est important de mener ces deux débats théâtraux en parallèle pour approfondir cette problématique des usages de drogues auprès de public concernés et souvent préoccupé.

jeudi 19 mars 2015

Atelier Théâtre avec des élèves de BTS sur les entretiens d’embauche

Jeudi 12 mars, sous la conduite de David Farjon, comédien d’Entrées de jeu, des élèves de BTS chimie du lycée Vauquelin, Paris 13ème, ont représenté devant leurs camarades de bac pro plusieurs situations problématiques d’entretiens d’embauche et de préparation à l’entretien d’embauche.


Le débat théâtral créé et joué par les élèves, et animé par David Farjon, a été fort animé. Il a permis de mettre en évidence les erreurs à ne pas commettre en la matière et la conduite à tenir pour conseiller les amis qui pensent que tout leur est acquis d’avance ou qui ne parviennent pas à préparer dans les meilleures conditions leurs entretiens.

jeudi 12 mars 2015

LA MAUVAISE PENTE et ACCROCS D’ÉCR@NS : Actions parentalité en Seine-Saint-Denis

Pour la sixième année consécutive, le REAAP de Seine-Saint-Denis nous sollicite pour six représentations de La mauvaise pente et deux de Accrocs d’écr@ns à destination de parents du 93. 

Ces représentations sont organisées en collaboration avec des collèges du département pour les aider à créer du lien et à ouvrir le dialogues avec les parents. 
Ainsi nous débattons avec ferveur et bonne humeur sur des questions d’autorité, de suivi scolaire, de rapport aux écrans des adolescents.

lundi 2 mars 2015

BIEN DANS MES BOTTES, sur la communication dans les exploitations agricoles

La communication est essentielle dans le bon fonctionnement d’une exploitation agricole. Favoriser le dialogue, identifier les conflits potentiels, savoir les prévenir et les gérer n’est pas toujours chose aisée.

Attentives à la qualité de vie au travail des salariés et des exploitants, la MSA Marne Ardennes Meuse et la Chambre d’agriculture de la Marne nous ont  donc  commandé le débat théâtral Bien dans mes bottes.
Joué à Courtisols (51) devant 200 agriculteurs, ce nouveau débat théâtral nous a permis de questionner les manières de communiquer dans l’exploitation agricole et de mettre les spectateurs au travail sur les manières d’apaiser les tensions et de faire face au mal-être.