lundi 9 janvier 2017

La juste place des enfants porteurs d’autisme

« Samia veut que Kevin participe au relais aquatique. Mais moi, je ne suis pas pour.
A chaque fois qu’il est dans une équipe, ça pose de sacrés problèmes.
Samia s’occupe de lui. Et moi, du coup je me tape tout le reste du groupe…
Je ne peux quand même pas me dédoubler.
Le relais aquatique c’est une vraie course. Les enfants ont envie de gagner.
Si on leur met Kevin dans leur équipe, ils sauront que c’est perdu d’avance.

Dans le cadre de ses formations pour ses animateurs et ses cadres, la Ligue de l’Enseignement de Paris nous a demandé de travailler sur la difficile question de l’intégration des enfants porteurs d’autisme dans les activités socio-éducatives. La juste place, telle que nous l’avons conçue, rendait compte du sujet sur cinq angles différents.

Comment préparer les enfants à l’accueil de Nathan et comment leur parler de l’autisme ? C’est la question que se pose Nina, l’animatrice, au moment de l’activité du matin qui doit rassembler tous les enfants autour de la confection d’une guirlande. Mais Nathan a du mal à se concentrer sur l’activité. Il se déplace constamment. Il dérange les autres. Et ceux-ci s’en plaignent. La belle entente voulue dégénère bientôt en bagarre, car Nathan, sentant l’agressivité à son égard, y réagit avec violence.

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Le bon accompagnement des enfants porteurs d’autisme requiert un bon sens de la planification car ceux-ci ne supportent pas l’imprévu. C’est ainsi qu’Anita, une autre animatrice, prépare au mieux Angèle à la sortie au parc, où le groupe d’enfants fêtera son anniversaire autour du gâteau qu’elle a préparé avec sa maman. Mais la directrice du centre, craignant une averse, décide au dernier moment d’annuler la sortie. De dépit, Angèle s’enferme dans les toilettes et Anita ne sait plus comment gérer la situation.

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Les moqueries et le harcèlement des autres enfants vis-à-vis des enfants dits différents sont hélas monnaie courante. Au centre de loisirs, Nora, la petite voisine de palier de Tom, tente de le protéger contre les méchancetés d’un petit groupe d’enfants, qui la harcèlent à son tour. Yasmine, l’animatrice tente d’intervenir, mais Nora la supplie de ne rien faire par peur des représailles.

Les parents des enfants porteurs d’autisme cèdent parfois aux risques de la surprotection de leur enfant. Mais parfois aussi, ils se réfugient dans le déni. C’est le cas de ce couple de parents que la directrice du centre reçoit à sa demande pour tenter de leur faire prendre conscience les difficultés de leur fils et de faire les tests nécessaires.

Enfin dans une dernière scène, deux animateurs sont en total désaccord sur l’inclusion ou non de Kevin dans un relais de natation. Comment lui donner une juste place, pour qu’il ne subisse pas la colère des autres membres du groupe qui pourraient l’accuser de les avoir fait perdre, et pour qu’il ne se sente pas mis à l’écart du fait d’une trop grande surprotection à son égard ?

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Réunis au Centre Mathis à Paris 19ème, une soixantaine de spectateurs se sont penchés sur ces épineuses questions en tentant de trouver sur scène les réponses les plus adaptées. Le débat théâtral a été suivi d’un échange avec Madame Christine PHILIP, Maître de conférences honoraire en Sciences de l’Education, INS HEA, qui a répondu aux nombreuses questions en suspens et donné toutes les précisions nécessaires.